Notre avantage est le manque d’arguments, de chiffres et de sources de la part des personnes soutenant le projet de loi “Etat local”. Pour contrer cela, la meilleure façon de faire est de relever le niveau du débat en apportant des éléments factuels et chiffrés.
Voici quelques arguments et réponses que je vous conseille d’utiliser pour répondre aux questions (légitimes !) sur l’ADEME :
2,8 milliards d’euros de budget pour 1286 salariés, ça fait beaucoup.
L’ADEME a un budget total de 2,8 milliards d’€ en 2025, dont 92% est redistribué sous forme d’aides et de subventions dans des projets d’entreprises du territoire et collectivités.
Les frais de fonctionnement de l’ADEME ne représentent que 135 millions d’€ sur ces 2,8 mds.
Le budget total et sa répartition sont disponibles ici.
Comme précisé dans cet article des Surligneurs sur le budget 2024 de l’ADEME : “Sur le site de l’Ademe, le détail du budget prévisionnel de l’année 2024, qui est effectivement de 4,2 milliards d’euros, est disponible. Et l’on voit que les dépenses propres à l’Ademe sont minimes comparées au budget total. En effet, les dépenses de fonctionnement de l’agence sont de 25 millions d’euros, tandis que celles pour payer ses employés sont de 106 millions d’euros.
La majeure partie de l’argent est consacrée à des investissements.
Parmi les programmes les plus importants figure le dispositif « Chaleur renouvelable », doté de 820 millions d’euros. Celui-ci soutient les entreprises et les collectivités locales dans « le développement de la production de chaleur et de froid à partir de sources renouvelables locales »”
Quels indicateurs est ce que l’ADEME regarde pour Comment est ce que l’ADEME choisit quel projet soutenir.
L’indicateur qui motive les subventions de l’ADEME est le coût d’abattement du carbone, autrement dit : combien est ce que l’on paie pour éviter l’émission d’1t CO₂. L’idée est donc de regarder la “rentabilité des tCO₂ évitées”.
Par exemple, pour les projets aidés par le Fonds chaleur en 2024, le coût d’abattement moyen de la tonne de CO₂ a été de 51€ d’aide/tCO₂ évitée.
Le prix de la tCO₂ évitée est bien trop chère.
Justement, le rapport Quinet de 2025 a mis à jour la valeur de l’action pour le climat, qui est une estimation de ce que la société est prête à investir aujourd’hui pour éviter l’émission d’une tonne de CO₂ et atteindre ses objectifs climatiques.
Dit simplement, c’est un prix de référence du carbone utilisé pour savoir si une action climatique « vaut le coup » pour la collectivité. Attention, ce n’est pas une taxe carbone ou un niveau de seuil “souhaitable”, mais plutôt un indicateur permettant de savoir si un projet est utile pour la transition climatique en fonction du prix des tCO₂ évitées.
La valeur mise à jour en 2025 est de 256€/tCO₂ évitée, soit bien supérieur aux 51€/tCO₂ évitée que représentent les aides de l’ADEME.
Pour un autre comparatif, on peut parler du marché européen du carbone, où la tonne CO₂ avoisine les 88€/tCO₂, en nette augmentation depuis quelques années, et dont la tendance reste l’augmentation.
Le coût de l’abattement du carbone pour le fond chaleur, qui représente la majeure partie des investissements de l’ADEME, est donc particulièrement intéressant.
L’ADEME n’est pas efficace ni bien gérée.
L’état doit parler d’une seule voix, et les antennes régionales ne peuvent pas avoir des avis ou opinions qui divergent de ceux du préfet
L’ADEME est biaisée et ne finance que des projets d’ENR
Les projets sont financés aussi par d’autres organisations, ils n’ont pas besoin de l’aide de l’ADEME